top of page

Plagiocéphalie du nourrisson : causes, prévention et prise en charge

Photo du rédacteur: Morgane Rodriguez
Morgane Rodriguez
20 mars
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 sept.



La plagiocéphalie du nourrisson.
La plagiocéphalie du nourrisson.

La plagiocéphalie du nourrisson, souvent appelée « syndrome de la tête plate », correspond à une asymétrie de la forme du crâne qui apparaît généralement au cours des premiers mois de vie.

Elle inquiète souvent les parents, mais la majorité des déformations crâniennes observées chez le nourrisson sont des plagiocéphalies positionnelles, liées notamment aux appuis répétés de la tête et aux préférences de position du bébé.

Alors pourquoi la plagiocéphalie apparaît-elle ? Est-elle dangereuse ? Comment peut-on la prévenir ? Et quelle peut être la place de l’ostéopathie dans l’accompagnement du nourrisson ?



Qu’est-ce que la plagiocéphalie ?

La plagiocéphalie correspond à une asymétrie de la forme du crâne. Chez le nourrisson, les os du crâne sont encore très souples et les différentes sutures permettent au crâne de s’adapter à la croissance rapide du cerveau.

Lorsque la tête reste régulièrement appuyée sur la même zone, une déformation positionnelle peut progressivement apparaître.

Schéma explicatif de la déformation du crâne.
Schéma explicatif de la déformation du crâne.

La plagiocéphalie peut notamment se traduire par :

  • un aplatissement d’un côté de l’arrière du crâne ;

  • une asymétrie de la tête lorsqu’on l’observe par-dessus ;

  • une position différente d’une oreille par rapport à l’autre ;

  • parfois une légère asymétrie du front ou du visage.


Il existe également d’autres formes de déformations crâniennes. Une asymétrie importante ou inhabituelle doit donc être évaluée par un professionnel de santé afin de distinguer une plagiocéphalie positionnelle d’une autre cause, notamment une craniosynostose.



Pourquoi la plagiocéphalie apparaît-elle ?

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une plagiocéphalie positionnelle.

1. La position sur le dos :

Depuis les recommandations visant à prévenir la mort inattendue du nourrisson, les bébés sont couchés sur le dos pour dormir.

Cette recommandation reste essentielle pour la sécurité du nourrisson. Elle peut cependant augmenter le temps d’appui de l’arrière du crâne sur le matelas.

L’objectif n’est donc surtout pas de faire dormir bébé autrement, mais de varier les positions pendant les périodes d’éveil et de limiter les appuis prolongés sur la même zone.


2. Une préférence pour tourner la tête du même côté :

Certains nourrissons ont tendance à regarder toujours du même côté.

Cette préférence peut être favorisée par une limitation de la mobilité cervicale, un torticolis ou simplement une habitude de positionnement.

Lorsque la tête repose régulièrement sur la même zone, les pressions répétées peuvent favoriser l’apparition ou l’aggravation d’une asymétrie.


3. Le torticolis du nourrisson :

Le torticolis du nourrisson peut être associé à une plagiocéphalie.

Lorsque bébé tourne difficilement la tête d’un côté, il peut conserver plus souvent la même position. Cela augmente alors les appuis répétés sur une partie du crâne.

Une prise en charge précoce, notamment avec une évaluation médicale et, lorsque cela est indiqué, une prise en charge en kinésithérapie, peut aider à améliorer la mobilité du cou.


4. Certains facteurs liés à la naissance :

La prématurité, une grossesse multiple ou certaines situations obstétricales peuvent également être associées à un risque plus important de déformation crânienne positionnelle.

Cependant, la présence de l’un de ces facteurs ne signifie pas qu’une plagiocéphalie apparaîtra nécessairement.



La plagiocéphalie est-elle dangereuse ?

Dans la majorité des cas, la plagiocéphalie positionnelle n’a pas de conséquence neurologique directe et évolue favorablement avec la croissance.

Certaines études ont cependant retrouvé une association entre plagiocéphalie et certains retards du développement, notamment moteur.

Cette association doit être interprétée avec prudence : cela ne signifie pas que la plagiocéphalie provoque directement un retard de développement. Elle pourrait notamment être un marqueur d’autres difficultés, comme une limitation de la mobilité ou un développement moteur moins harmonieux.

C’est pourquoi une asymétrie crânienne importante ou persistante mérite d’être surveillée, sans pour autant inquiéter systématiquement les parents.



Quand faut-il demander un avis médical ?

Une consultation est particulièrement importante si :

  • l’asymétrie est importante ou s’aggrave rapidement ;

  • bébé tourne difficilement la tête ;

  • une préférence de rotation est très marquée ;

  • un torticolis est présent ;

  • la forme du crâne paraît inhabituelle dès la naissance ;

  • vous avez le moindre doute sur la forme du crâne de votre bébé.

Le professionnel de santé pourra examiner la tête de bébé et déterminer si une simple surveillance et des conseils de positionnement sont suffisants ou si une prise en charge complémentaire est nécessaire.



Comment prévenir la plagiocéphalie ?

La prévention repose principalement sur la variation des positions pendant les périodes d’éveil, tout en respectant les recommandations de couchage sécurisé.

1. Varier la position de la tête :

Pendant les moments d’éveil, vous pouvez encourager bébé à regarder alternativement à droite et à gauche.

Vous pouvez par exemple placer les objets, les jouets ou vous-même du côté que bébé sollicite moins naturellement. La lumière de la fenêtre peut aussi attirer le regard de bébé.


2. Favoriser le temps sur le ventre :

La position sur le ventre pour aider l'effacement de la plagiocéphalie.
La position sur le ventre pour aider l'effacement de la plagiocéphalie.

Le tummy time, c’est-à-dire le temps passé sur le ventre lorsque bébé est éveillé et surveillé, permet de diminuer les appuis sur l’arrière du crâne.

Il participe également au développement des muscles du cou et du tronc.

Au début, quelques minutes plusieurs fois par jour peuvent être proposées, en fonction de l’âge et des capacités de votre bébé.

Attention : le temps sur le ventre concerne uniquement les périodes d’éveil et de surveillance. Pour dormir, bébé doit être installé sur le dos.


3. Limiter les temps prolongés dans certaines installations :

Lorsque cela est possible, évitez que bébé passe de longues périodes dans des dispositifs où sa tête reste constamment appuyée au même endroit.

Alterner les moments dans les bras, au sol sur un tapis d’éveil et dans différentes positions d’éveil permet de varier les appuis.


4. Encourager bébé à bouger sa tête :

Vous pouvez stimuler doucement bébé en utilisant votre voix, votre visage ou un jouet pour l’inciter à regarder du côté qu’il sollicite moins.

Si bébé refuse systématiquement de tourner la tête d’un côté, il est préférable de demander un avis professionnel plutôt que de forcer le mouvement.



Quelle est la place de l’ostéopathie dans la plagiocéphalie ?

L’ostéopathie ne permet pas de remodeler directement le crâne et ne remplace pas la prise en charge médicale ou kinésithérapique lorsqu’elle est nécessaire.

Lors d’une consultation, l’ostéopathe peut observer la mobilité globale du nourrisson et rechercher d’éventuelles limitations de mouvement ou tensions pouvant participer à une préférence de position.

L’objectif est notamment d’accompagner la mobilité du bébé et son confort.

1. Observer et accompagner la mobilité cervicale :

Lorsqu’un bébé tourne systématiquement la tête du même côté, l’ostéopathe peut évaluer sa mobilité cervicale.

Des techniques manuelles douces (différentes des techniques de mobilisation) et adaptées à l’âge du nourrisson peuvent être utilisées lorsque cela est indiqué.

L’objectif est de favoriser une mobilité plus confortable et de permettre à bébé d’explorer plus facilement différentes positions.


Seules les techniques de mobilisation (technique articulaire consistant à faire craquer les articulations) sont soumises par une ordonnance médicale MAIS elles sont fortement déconseillées chez les enfants dans notre pratique.

2. Observer les tensions et la mobilité globale :

L’examen ne se limite pas au crâne.

La mobilité du cou, du thorax, du bassin et des différentes zones du corps peut être observée afin d’avoir une vision globale de la posture et des mouvements du nourrisson.

L'ostéopathie vise ainsi à accompagner la mobilité et le confort du bébé, et non à « remettre le crâne en place ».


3. Travailler en complément des autres prises en charge :

La prise en charge d’une plagiocéphalie peut nécessiter plusieurs approches selon la situation :

  • conseils de positionnement ;

  • suivi par le pédiatre ou le médecin ;

  • kinésithérapie lorsque cela est indiqué ;

  • éventuellement ostéopathie en complément.

L’objectif est toujours de choisir l’accompagnement le plus adapté à l’âge, à la mobilité et à l’importance de l’asymétrie du nourrisson.



Plagiocéphalie et RGO : existe-t-il un lien ?

Certains parents remarquent une préférence de position chez leur bébé également gêné par des troubles digestifs ou des régurgitations.

Il est cependant important de ne pas conclure automatiquement à un lien entre les deux. Le reflux et la plagiocéphalie sont deux problématiques différentes qui doivent être évaluées séparément.



Quand consulter pour une plagiocéphalie ?

Il est intéressant de demander un avis professionnel dès que vous remarquez une

asymétrie persistante ou une préférence nette de position.

Une prise en charge précoce permet surtout de mettre rapidement en place les mesures adaptées, notamment les conseils de positionnement et, si nécessaire, une prise en charge de la mobilité cervicale.

Il n’existe pas une règle simple selon laquelle un casque serait systématiquement nécessaire après un certain âge. Lorsque la déformation est importante ou persiste malgré les mesures mises en place, une évaluation spécialisée peut être proposée afin de discuter des différentes options thérapeutiques.



Plagiocéphalie : une prise en charge globale

La plagiocéphalie positionnelle évolue souvent favorablement avec la croissance du nourrisson.

La prise en charge repose avant tout sur l'identification des facteurs favorisant l’asymétrie et sur des mesures adaptées : variation des positions pendant l’éveil, stimulation de la mobilité et, lorsque cela est nécessaire, accompagnement par des professionnels de santé.

L’ostéopathie peut éventuellement trouver sa place dans cette prise en charge complémentaire, notamment lorsque l’objectif est d’accompagner la mobilité et le confort du nourrisson.



Conclusion

La plagiocéphalie du nourrisson est fréquente et, dans la majorité des cas, liée aux positions répétées de la tête.

Elle est généralement bénigne, mais une asymétrie importante, une préférence persistante pour tourner la tête du même côté ou la présence d’un torticolis doivent conduire à demander un avis professionnel.

Quelques mesures simples, comme varier les positions pendant l’éveil et favoriser le temps sur le ventre lorsque bébé est éveillé et surveillé, peuvent contribuer à limiter les appuis prolongés sur l’arrière du crâne.

L’ostéopathie peut s’inscrire, lorsque cela est adapté, dans une prise en charge globale et complémentaire, sans remplacer le suivi médical ou la kinésithérapie lorsqu’ils sont nécessaires.



Morgane Rodriguez, ostéopathe D.O., vous reçoit dans ses deux cabinets à Castelnau-le-Lez et Saint-Aunès pour une prise en charge personnalisée.



Commentaires


Pourquoi consulter un ostéopathe ?

Douleur ostéo-articulaire

  • Douleurs rachis

  • Suivi et prévention des sportifs

  • Post-chirurgie

Suivi grossesse et post-partum

  • Mobilité du bassin

  • Préparation accouchement

  • Bilan post-partum

Douleur ORL

  • Suivi traitement orthodontique

  • Migraine ou céphalée

  • Sinus

Inconfort viscéral

  • Problème de transit

  • Gynécologie

  • Respiration

Suivi pédiatrique

  • Plagiocéphalie

  • Problème de succion

  • Constipation

Ostéopathie aquatique

  • Technique spécifique dans un bassin chauffé, pour tout motifs de consultation 

  • A partir de 6 ans

bottom of page