Chirurgie du sein et ostéopathie : cicatrice, douleurs et soins de support à Saint-Aunès

Dernière mise à jour : 22 oct.

Une chirurgie du sein peut être une étape importante dans le parcours de soins d'une femme.
Après l'intervention, la prise en charge ne s'arrête pas au traitement chirurgical. Certaines femmes peuvent ressentir des douleurs, des tensions, une gêne dans les mouvements du bras ou de l'épaule, une sensation de tiraillement au niveau de la cicatrice ou encore des tensions dans le thorax, le cou ou le dos.
Ces symptômes peuvent évoluer avec le temps et leur prise en charge dépend de chaque situation.
Dans ce contexte, différents professionnels peuvent intervenir dans les soins de support, en complément des traitements du cancer. Parmi eux, la kinésithérapie occupe notamment une place importante pour retrouver la mobilité de l'épaule et du bras et accompagner certaines conséquences de la chirurgie. L'ostéopathie peut également avoir une place complémentaire dans certaines situations.
Quelles gênes peuvent apparaître après une chirurgie du sein ?
Les suites d'une chirurgie mammaire sont variables d'une personne à l'autre.
Dans les jours ou les semaines qui suivent l'intervention, il peut notamment être observé :
une douleur ou une sensibilité autour de la zone opérée ;
une sensation de tension au niveau du thorax ou de l'aisselle ;
un gonflement de la zone opérée, de l'épaule ou du bras ;
une raideur de l'épaule ;
une diminution de la mobilité du bras ;
des modifications de la sensibilité au niveau du bras ou du thorax ;
une fatigue importante.
Certaines conséquences peuvent également persister plus longtemps après l'intervention. Des douleurs, une raideur de l'épaule ou du bras et une diminution de la force peuvent notamment être observées après certaines chirurgies, en particulier lorsqu'un curage ganglionnaire axillaire a été réalisé.
Il est donc important de signaler toute douleur ou limitation persistante à l'équipe qui assure votre suivi.
Pourquoi la cicatrice peut-elle rester gênante ?
Une cicatrice est la conséquence normale du processus de réparation des tissus après

une intervention chirurgicale.
Au cours de sa maturation, elle peut provoquer différentes sensations :
tiraillement ;
sensibilité ;
démangeaisons ;
gêne lors de certains mouvements ;
sensation de tension autour de la zone opérée.
Après une chirurgie du sein, la cicatrice peut également être associée à une diminution de la mobilité des tissus environnants.
L'INCa indique que la cicatrisation peut entraîner des tiraillements et contribuer à une raideur de l'épaule, et que des techniques de rééducation peuvent être utilisées pour accompagner la mobilité et l'assouplissement de la cicatrice et des tissus.
La cicatrice évolue progressivement pendant plusieurs mois. Son aspect et les sensations qu'elle provoque peuvent donc encore changer longtemps après l'intervention.
Une cicatrice ne doit pas être systématiquement manipulée
Le travail d'une cicatrice dépend notamment de son ancienneté, de son état et du contexte médical.
Une cicatrice récente, inflammatoire, douloureuse ou présentant une anomalie doit être évaluée par l'équipe médicale avant toute prise en charge manuelle.
L'objectif n'est pas de « casser » ou de « décoller » une cicatrice à tout prix, mais de respecter les tissus et d'accompagner progressivement leur récupération lorsque cela est indiqué.
Pourquoi l'épaule et le bras peuvent-ils être concernés ?
La chirurgie du sein peut modifier temporairement les mouvements et les habitudes de la personne.
Une douleur ou une sensation de tension peut conduire spontanément à moins utiliser le bras du côté opéré. Cette diminution des mouvements peut favoriser une raideur de l'épaule.
C'est notamment pour cette raison que la rééducation occupe une place importante après certaines chirurgies du sein. Elle permet de retrouver progressivement la mobilité de l'épaule et du bras et d'accompagner la reprise des activités.
L'objectif n'est pas de forcer sur une articulation ou une cicatrice, mais de retrouver progressivement une mobilité adaptée à la situation.
Et les douleurs du cou et du dos ?
Après une chirurgie, certaines personnes peuvent également ressentir des tensions au niveau du cou, des épaules ou du dos.
Plusieurs facteurs peuvent intervenir : modification des mouvements, diminution temporaire de l'activité, appréhension, fatigue, position adoptée pour protéger la zone opérée ou encore tensions musculaires.
L'INCa mentionne notamment la prise en charge des tensions du cou, du dos et de la zone opérée dans le cadre de la rééducation après un cancer du sein.
Ces douleurs ne signifient pas nécessairement qu'il existe une complication de la chirurgie.
Mais lorsqu'elles persistent ou s'aggravent, elles doivent être signalées aux professionnels qui assurent votre suivi.
Quel est le rôle de la kinésithérapie ?
La kinésithérapie constitue un élément important de la récupération après certaines

chirurgies du sein.
Elle peut notamment permettre :
de retrouver progressivement la mobilité de l'épaule et du bras ;
de travailler les limitations fonctionnelles ;
d'accompagner la cicatrisation et la mobilité des tissus ;
de prendre en charge certaines complications lymphatiques ;
de favoriser la reprise progressive des activités quotidiennes et physiques.
Lorsque cela est nécessaire, la prise en charge doit être adaptée au type de chirurgie, aux traitements reçus et à l'état de santé de chaque personne.
L'ostéopathie ne se substitue donc pas à la kinésithérapie.
Ces deux approches peuvent avoir des objectifs différents et peuvent, dans certaines situations, s'inscrire dans un parcours de soins complémentaire.
Quelle peut être la place de l'ostéopathie ?
L'ostéopathie peut être envisagée comme un accompagnement complémentaire lorsque certaines tensions ou gênes fonctionnelles persistent après une chirurgie.
Le bilan ostéopathique peut notamment prendre en compte :
la mobilité de l'épaule ;
les tensions autour du thorax ;
la région cervicale ;
le haut du dos ;
les adaptations de mouvement ;
les tensions musculaires ;
la mobilité des tissus autour de la zone opérée, lorsque celle-ci peut être abordée sans risque et avec l'accord du parcours de soins.
L'objectif n'est pas de traiter le cancer ni ses mécanismes.
Il s'agit plutôt d'accompagner certaines conséquences fonctionnelles ou douloureuses qui peuvent apparaître après les traitements.
Une expérience en oncologie au cours de ma formation
Au cours de ma formation à l'ITO, j'ai eu l'occasion d'effectuer un stage au sein de l'Oncopole de Toulouse.
Cette expérience m'a permis de découvrir concrètement la place que peut avoir l'ostéopathie dans l'accompagnement des personnes suivies en oncologie, notamment dans les périodes de récupération et de rémission.
Les interventions se faisaient en lien étroit avec l'équipe médicale et soignante, avec notamment des passages directement dans les chambres. Cette collaboration était essentielle pour adapter notre prise en charge à l'état de santé et au parcours de chaque patient.
Cette expérience m'a particulièrement sensibilisée à l'importance d'une prise en charge globale, progressive et coordonnée, dans laquelle l'ostéopathie peut trouver sa place parmi les différents
soins de support.
L'ostéopathie ne remplace évidemment ni les traitements oncologiques, ni la chirurgie, ni la kinésithérapie ou les autres prises en charge médicales nécessaires.
Cette approche doit rester adaptée au contexte médical de chaque patiente et s'inscrire, lorsque cela est nécessaire, en lien avec l'équipe qui assure son suivi.
Et après une reconstruction mammaire ?
Une reconstruction mammaire peut également nécessiter une période d'adaptation et de rééducation.
Selon la technique utilisée, la zone opérée et le moment de la reconstruction, des tensions ou une limitation de mobilité peuvent être présentes au niveau du thorax ou de l'épaule.
L'INCa souligne notamment l'intérêt d'une prise en charge de rééducation spécifique autour des reconstructions mammaires, avant et après l'intervention selon les situations.
Une prise en charge manuelle ne doit donc pas être standardisée : elle doit tenir compte du type de reconstruction, de l'état des tissus et des recommandations de l'équipe médicale.
Et en cas de lymphœdème ?
Le lymphœdème du bras, parfois appelé « gros bras », peut survenir après certains traitements du cancer du sein, notamment après un curage ganglionnaire ou une radiothérapie.
Il peut se manifester par :
une augmentation du volume du bras ;
une sensation de lourdeur ;
une sensation de gonflement ;
une diminution de mobilité ;
une modification de la peau ou des tissus.
La prise en charge du lymphœdème repose principalement sur une physiothérapie décongestive complète, réalisée par un professionnel formé, notamment un masseur-kinésithérapeute.
L'ostéopathie ne remplace donc pas cette prise en charge.
En cas de gonflement nouveau ou persistant du bras, il est important d'en parler à l'équipe médicale afin qu'un bilan adapté puisse être réalisé.
Quand consulter son équipe médicale ?
Après une chirurgie du sein, certains symptômes nécessitent un avis médical plutôt qu'une prise en charge manuelle.
Il est notamment important de consulter en cas de :
augmentation importante ou brutale de la douleur ;
rougeur ou chaleur importante autour de la cicatrice ;
écoulement inhabituel ;
fièvre ;
gonflement important ou persistant du bras ;
diminution importante de la mobilité ;
apparition de nouvelles douleurs inhabituelles ;
symptômes qui s'aggravent au lieu de s'améliorer.
En cas de doute, mieux vaut demander conseil à l'équipe qui assure votre suivi.
Une prise en charge globale après le cancer du sein
Après un cancer du sein, les soins ne se limitent pas aux traitements de la maladie.

Les soins de support permettent d'accompagner les conséquences physiques, psychologiques et sociales de la maladie et de ses traitements, pendant le parcours de soins mais également après les traitements.
Selon les besoins, plusieurs professionnels peuvent intervenir : médecin, chirurgien, oncologue, kinésithérapeute, psychologue, professionnel de l'activité physique adaptée, nutritionniste ou encore ostéopathe.
L'objectif est de proposer une prise en charge individualisée, en fonction des besoins de chaque femme.
En conclusion
Une chirurgie du sein peut laisser différentes traces physiques : cicatrice, tensions, douleurs, modification des sensations ou limitation de certains mouvements.
La récupération est progressive et peut nécessiter l'intervention de plusieurs professionnels.
La kinésithérapie joue notamment un rôle important dans la récupération de la mobilité et la prise en charge de certaines complications. L'ostéopathie peut, dans certaines situations, intervenir en complément, notamment pour accompagner certaines tensions ou gênes fonctionnelles.
Elle ne traite pas le cancer et ne remplace jamais le suivi oncologique ou la rééducation prescrite.
Chaque prise en charge doit être adaptée à l'histoire médicale, aux traitements reçus et à l'état des tissus.
Morgane Rodriguez, D.O. – Ostéopathe à Castelnau-le-Lez et Saint-Aunès.




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